Par Tania | 2 commentaires
Catégorie : | Mots clé : lien maternel ,post partum ,
On ne naît pas mère !
A l’aise avec la gent infantile, quelle ne fut pas ma surprise (et celle de mes proches) de découvrir que je souffrais de ce mal terrible, dont on aimerait se passer en ces temps de fatigue intense.
Je n’ai pas vraiment été concernée par ma grossesse. Ce ventre, ces kilos (j’ai arrêter de me peser à 26 kilos…) m’encombraient. Non, je n’étais plus comme avant et je le dis : ça m’emmerdait. Fini le snowboard, terminé de grimper les escaliers 4 à 4… En réalité, avec recul, c’est la maternité qui m’encombrait !!!
Alors je me suis dit : « quand elle bougera dans mon ventre, l’alarme de la maternité sonnera… » Elle a bougé, rien n’a sonné. Alors je me suis dis « quand elle sortira de moi-même, la magie de l’amour opèrera… » Je l’ai enfantée, rien n’a opéré… Soulignons qu’on m’a déclenché, et devant mon hystérie latine (exubérante est un faible mot), l’anesthésiste m’a fait une piqûre magique : un calmant planant, puis la péridurale, surdosée. Je me suis endormie aussi sec : on m’a réveillée pour pousser, j’ai enfanté sans sensation aucune tellement j’étais shootée. Bilan, même la délivrance ne m’a pas envahie. Alors j’ai attendu d’allaiter (paradoxalement j’y mettais un point d’honneur), rien n’y a fait, je ne ressentais toujours pas cet intense amour que j’attendais. J’étais dénuée de tout sentiment.
HORREUR ! Alors, comme à mon habitude en temps de grande faiblesse, je m’adresse à qui de droit mon homme, et pour ce dossier si particulier : ma merveilleuse mère. Ils se sont tous deux entraidés le temps que je comprenne ce qu’il m’arrivait. Ils ont été les yeux, les baisers, les bras et l’amour que je n’arrivais pas à donner à ma fille.
1 mois 1/2 plus tard, saisie d’une infection mammaire, on m’a transportée à l’hôpital et j’ai laissé ma fille à ma mère chez moi. Je pleurais continuellement dans le camion des pompiers, je n’arrivais plus à m’arrêter de pleurer (et par expérience, quand je n’arrive plus à m’arrêter c’est qu’une dépression pointe son nez), j’avais peur d’avoir contaminé Luna Maya avec mon mauvais lait, être loin d’elle m’était insupportable, j’avais peur qu’elle ne survive pas à mon absence. Est-ce que ma mère allait lui suffire ? Allait elle prendre le biberon de lait maternisé ?
« Elle va mourir de faim ».
C’est dans ce camion, loin d’elle, que je me suis sentie indispensable à ses besoins, ma guérison allait commencer, j’avais compris mon rôle dans cette aventure, j’avais envie d’elle, de l’embrasser (je ne l’avais jamais fait avant ça !), de m’occuper d’elle. Me lever la nuit m’étais toujours aussi difficile, mais la graine de cet amour nouveau était plantée. J’avais tout autant envie de dormir avec elle qu’avec mon amoureux. Aujourd’hui je parle de tout ça avec aisance, mais à l’époque : AUSSI ! Je n’ai jamais caché ces horribles pensées que déclenche une dépression du post partum (on ne me laissait pas toute seule avec elle), et c’est sans doute grâce à ça que mes proches ont pu m’aider.
Par aude | Il y a 1 an 1 mois |
Par KIKI | Il y a 1 an 2 mois |







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