Par Nichols | 4 commentaires
Catégorie : | Mots clé : douleur ,maternité ,présence du père ,
L’accouchement un grand moment de solitude !
Elle sait. Elle seule sait quand il va falloir y aller. Elle vous a expliqué le truc du taxi. Parce qu'il vaut mieux le savoir, les taxis n'aiment pas les femmes enceintes, entre autres! Le truc du taxi consiste pour le futur père à descendre en premier dès que la future mère est assurée qu'elle est en train d'accoucher, « que son travail a commencé » ( jargon de sages-femmes). Il a avec lui le nécessaire pour un séjour à la maternité et s'installe dans le taxi appelé quelques minutes plus tôt. Le chauffeur s'apprête à démarrer mais il lui demande d'attendre sa femme « toujours en retard ». Ce dernier bon mot tisse d’emblée un lien de complicité masculine sauf si bien sûr le chauffeur est une femme. Madame peut alors prendre son temps, descendre les escaliers et se pousser jusqu'à la voiture sans que le chauffeur n’est ni le loisir, ni la volonté de s’y opposer. Le futur père a joué SON rôle. J'ai toujours vécu la maternité, l'établissement j'entends, comme un havre d'ennui et d'abnégation. Pourtant, j'ai eu la chance de tomber sur des lieux ou des équipes dites « géniales »: accueil personnalisé, respect de l'intimité du couple, discours sur la méthode... etc. ; des critères apparemment rares pour qu'ils deviennent exceptionnels dans la bouche de ceux qui en témoignent! Tout d'abord, il y a ces attentes qui même de courte durée sont toujours interminables. Elle souffre, elle se tord et gémit, je suis là impuissant, le geste maladroit, censé la réconforter. Mais la réconforter de quoi ? D'une douleur dont on n’a pas le soupçon d'une idée ? « Tu vas voir, ça va bien se passer ! ». Qu'est ce que j'en sais moi si ça va bien se passer ? Autour de nous, il n'y a pas grand monde, une sage-femme de garde qui gratte du papier sur le coin d'un bureau, la nuit noire et des locaux silencieux comme une caserne. Nous sommes seuls, chacun dans sa solitude ; l’une dans sa douleur, l’autre qui rêve d’un café, la machine à café étant la seule amie réconfortante dans ces moments-là… Je crois qu’il ne faut avoir aucun sentiment de culpabilité : oui nous sommes, futurs pères, complètement inutiles pendant ce « pré travail », inutiles et transparents. Or, aucune préparation à l’accouchement ne nous prépare à une telle abnégation de soi. Ce n’est qu’au moment du « vrai travail », c’est-à-dire de l’accouchement proprement dit, que le personnel, dans sa grande mansuétude, tente de vous attribuer un rôle. Ce rôle, on en a effectivement parlé lors de la préparation, juste quelques secondes. Ne me demandez pas de quoi il s’agit, je ne m’en rappelle plus. Et pour cause, il n’existe pas mais libre à chaque futur père d’y croire. Je me souviens par contre de ce qu’il reste de plus spontané chez l’homme, l’encouragement comme on encourage le XV de France en vivant ses premiers coups durs, désespéré, ému de la moindre progression, aussi insignifiante soit-elle, pour finir par pousser, pousser, pousser avec… mais sans hurler, je vous prie ! Ca y est, il est là. « Regarde-moi, je suis ton PERE ! ».
Par lelane | Il y a 11 mois 6 jours |
Par soniablade13 | Il y a 1 an 17 jours |
Par charlotte33 | Il y a 1 an 1 mois |
Par gidoriane | Il y a 1 an 1 mois |






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