« Ma femme allaite. Ça fait 6 mois… C’est bien non ? »
« C’est vachement bien ! » répond l’écho avec une moue d’admiration. S’en suit en général une petite bafouille sur la simplicité, l’immunité, la sécurité et le plaisir du sein nourricier… le Graal retrouvé ! Comme nos anciens, dis ! « Sauf qu’eux, ils n’avaient pas le choix. » Alors qu’aujourd’hui… c’est une décision « personnelle » et maternelle. Well…
Prenez le même homme, celui qui, assis à côté de vous, fait gouzi-gouzi avec son môme à la terrasse d’un café en suçant un « Stoptou »et transposez la scène quelques années plus tôt. Poussé dans ses retranchements, il écrase sa clope et confesse : « Ma femme allaite…. Je sais… mais c’est elle qui veut. On va diversifier, le pédiatre lui a dit de passer au lait 2ème âge ». C’est qu’il y a à peine 10 ans, il fallait être mère courage pour assumer son allaitement de plus de 3 mois. C’était comme le vélo, le pain bio et les anti-BCG, c’était signé : une communauté, une secte… « elle fait même brûler de l’encens chez elle »…, des ultras quoi !
À la Maternité, tout était fait pour que l’enfant s’éloigne au plus vite de la tentation du sein. Allez…une petite « tétouille » pour que la mère sache de quoi il en retourne et le môme se trouvait dans les bras d’une « aide » quelconque, un biberon dans la bouche. À 6 mois, mon premier est passé sur le billard pour des problèmes cardiaques. Je me souviens encore des sourires désabusés et blessants du service et de mon embarras lorsque sa mère a « avoué » l’allaiter. Autre temps, autre femme, autres mœurs, aujourd’hui mon dernier à lui aussi copieusement profité du sein maternel. Sa mère a le droit à des sourires complices empreints d’admiration. Moi, j’ai choisi l’indifférence. Ce revirement laisse pourtant songeur.
À qui le doit-on ? À des mères militantes? Je n’y crois pas une seule seconde. À des considérations scientifiques ? On pourrait le croire. À un effet de mode ? Il n’y a pas de fumée sans feu. Je n’ai pas de réponses là-dessus. Ce que je constate, c’est que les discours des pédiatres sur le sujet ont radicalement changé ; que l’attitude du personnel dans les maternités s’est assouplie ; que la mère se voit un peu plus libre de vivre comme elle l’entend ses premiers instants avec son enfant. C’est toujours bon à prendre. Pour le reste, c’est comme le vélo, ce qui était baba est devenu bobo. À quand le Grenelle de l’Allaitement ?
Par anne68 | Il y a 1 an 1 mois |
Les choses bougent en périnatalité depuis la mise en place du plan en 2004. Les professionnels réfléchissent beaucoup à ces questions (il était temps) parce que ça a fait beaucoup de dégats sur les relations mère-enfant, les ratés de l'allaitement. Dans les années 70, le lobby des laits maternisés a fait beaucoup de mal (et a gagné beaucoup d'argent). L'important, c'est d'arriver à un équilibre et que chaque femme puisse choisir (sein ou biberon) sans préjugé des équipes de maternité. Je vis sur l'alsace et ils sont assez en pointe pour l'accompagnement à l'allaitement, peut-être du fait d'une proximité avec l'allemagne, qui est beaucoup plus avancée sur ces questions. C'est comme la péridurale. C'est bien de pouvoir accoucher sans douleur mais accoucher sans sensation du tout, ça peut aussi faire des dégats (avec l'impression de n'y être pour rien dans la mise au monde de son enfant et dans les pires cas, une dépression post-partum). Je m'égare, mais ces questions, c'est un peu mon dada. Alors, peut-être que c'est bobo, mais c'est plutôt bien d'aider les femmes qui veulent allaiter à le faire.
Par etyv | Il y a 1 an 1 mois |
les joies de l'allaitement....pas connus!
moi j'ai voulu allaiter mon fils mais on m'a pas beaucoup aidé a l'hosto....et puis du coup j'ai abandonné car mon fils ne mangait pas (bout de sein artificiel, des creme bizarre et un tas de "truc " donnés par les doc) et puis si il lui avait pas mis cette foutu teuteuche!!!! sans parler de leur super "bib de complement" ........qu'ils lui ont refilé la nuit.
bref je crois que j'ai pas fait le poid, j'en ai tellement voulu a mon fils de m'avoir refusé le sein (j'ai bien cru etre une mauvaise mere...) que pour le 2 eme j'ai pas essayé car j'avais trop peur qu'il me refuse aussi....
tout ca pour dire que oui il faut encouragé l'allaitement au sein et surtout aider comme il faut celle qui y arrive pas......... j'ai appris l'existence des tire lait (ki auraient pu etre un bon comprmis dans ma situation ) une semaine pres la sortie de maternité (et donc 15 jours de bib)...dommage
Par lamamandutitou | Il y a 1 an 1 mois |
je suis complètement d'accord avec vous deux. L'allaitement était une étrangeté, aujourd'hui c'est devenu le must be du moment. A tel point que c'est maintenant celle qui n'allaite pas qui doit se justifier et supporter les regards contrits. Moi, j'ai eu un petit garçon il y a deux ans, et je ne me sentais pas de l'allaiter. Je sais c'est dommage, et j'ai vraiment hésité jusqu'à la dernière seconde (mon titou était né et la puericultrice m'a posée la question gentiment plusieurs fois !), mais je n'ai pas pu. Un blocage total, je ne sais pas pourquoi. Bref. Et ben j'ai été vraiment (et vachement) choquée de l'attitude des sages-femmes et des auxi puer de la maternité !! J'ai été complètement mise de côté (d'ailleurs personne n'est venu voir mon petit bébé jusqu'au soir alors qu'il était né à 7h19 le matin, même pas pour voir s'il avait bien mangé ou s'il fallait le changer...) personne ne m'a montré comment le nourrir au biberon, ou lui prodiguer les soins de base pour sa toilette. Pire que ça, j'avais même des avis contradictoires et il a fallu que je réclame carrément des biberons pour mon fils ! Biberons dont le modèle dont disposait la maternité a changé pendant mon séjour et auquel mon tout petit a du se réadapter à 1,5 jour !! Heureusement que je ne suis pas godiche et que j'avais déjà eu l'occasion de faire tout ça toute seule parce que sinon quel horreur !! Résultat : après avoir pleuré toute une nuit et toute une matinée, j'ai pris les choses en main, ai demandé à ma mère de m'apporter une sucette pour mon fils qui était désespéré de ne pas trouver son poing,( ce qui l'a calmé illico !) ai demandé à sortir de manière anticipée et contre l'avis de ma gynéco (qui elle est venue voir notre petite famille nouvellement créée) et ai fait au mieux, d'après ce que j'avais lu, d'après ce que m'ont dit mes parents. Une chose est sûre, pour ma deuxième grossesse, je ne me laisserai pas faire et pas mal traiter comme ça !! Mais ça c'est l'avantage de l'expérience. Je vous laisse imaginer le sentiment de solitude...
Tout ça pour dire que non seulement le regard a changé par rapport aux mères qui allaitent, mais qu'en plus celles qui n'allaitent pas ont à subir ce que vous avez jadis subi !! C'est malheureux quand même, parce qu'il y a fort à parier que toutes ces dames bien pensantes me regardant de travers parce que je n'allaitais pas sont les mêmes qui regardaient de travers celles qui allaitaient il y a quelques années en arrière, et donc pendant leurs carrières !! Peut-être même qu'elles-même n'ont pas allaiter !! Entre nous soit dit, j'ai drôlement bien fait de ne pas l'allaiter parce qu'un mois plus tard j'ai dû être hospitalisée quelques jours. Comment j'aurais fait avec mon lait dans mes seins et mon fils a des kilomètres de moi ?
Dernières choses : heureusement toutes les sages femmes et toutes les auxi-puer ne sont pas comme ça, et la veille au soir de notre départ de la maternité l'équipe à changer et j'ai vu quelques personnes pas mal du tout ! Mais quel dommage, mon accouchement avait été si bien accompagné...
Par eauclairedelalune | Il y a 1 an 2 mois |
Bonjour, je suis assez d'accord avec cette analyse...J 'ai 45 ans et ....5 enfants tous allaité (sauf le 1er , né en 1984,qui pour cause de santé , ictere important , a été nourri au biberon mais quand meme avec mon lait durant 2mois et demi) les autres ont été nourri au sein et se sont sevrés spontanément vers 12 mois.... C'était pas une histoire de mode, mais je crois que trop de femmes n'avaient pas assez confiance en elle ,la surmédicalisation de la naissance n'y est sans doute pas pour rien, je me souviens qu'on me demandai de peser mon bébé avant et apres chaque tétée !!! Je ne l'ai jamais fait.... Mais j'avais assez de confiance en moi et surtout j'avais des exemple de femmes qui avaient allaité... Le second est né prématuré en 1984 (7 mois et demi), je revois la tête de l'infirmiere quand je suis arrivée le lendemain matin au centre des préma pour le mettre au sein... Elle m'a laissé faire en me disant que j'était la premiere femme a le faire... Par contre j'ai ete prise pour une folle à la maternité ou le personnel m'avait interdit de quitter ma chambre quand je leur avit parlé de mon "projet" Tout change et tant mieux, mais je vois encore beaucoup de jeunes femmes souhaitant allaité mais arrêtant n'étant pas soutenues a la sortie de la maternité. et puis il faut aussi dire que l'allaitement est présenté comme formidable, et facile, la réalité est parfois différente, et ça on en parle pas...Les douleurs liées a la montéé de lait, parfois les abces, me lever la nuit pour tirer du lait car j'en avait trop.....il me fallait environ 1 mois et demi pour que tout se régule et qu'enfin l'allaitement devienne alors là vraiment un super plaisir......
Voilà, j'espère qu'il y aura d'autres commentaire, ça pourrait etre interressant d'avoir d'autres temoignages.
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